INTERVIEW avec Mun-Sa le slameur Bambaraphonique, un jeune Malien avec le slam dans les veines !
Il est Malien. Et il a le slam dans les veines. Moussa Doumbia qui se fait appelé sur scène Mun-Sa tranche le silence comme la plupart des artistes-slameurs et déverse la lumière sur son peuple. Son audace, son style de déclamation et ses messages racontent qu'il est un talent dont le Mali peut être fier. Il est tout simplement un oiseau laborieux qui ne chante mais qui slame pour émouvoir et surtout pour faire disparaître les ombres dans les esprits. Avec lui, nous parlons de sa vie d'artiste et de son art, le slam.
L&C: Chaque chose a son temps, dit-on et quand le temps de chaque chose vient, il faut faire chaque chose à son temps. Sourire !!! Vous n'êtes pas embrouillé, je pense ?
Mun-Sa: Non pas du tout !
L&C: On a pu peut-être arracher le sourire aux lecteurs. Sourire. Ce que nous, nous pouvons dire sur vous est que vous êtes slameur et vous êtes du pays de Soundiata KEÏTA mais nous aurons besoin de mieux vous connaître.
Mun-Sa: À l'état civil, je me nomme Moussa Doumbia artiste Slameur poète compositeur de texte humoriste et comédien avec pour nom de scène Mun-Sa qui veut dire en français "quoi donc ? ". Je slame uniquement qu'en Bamanakan. Membre de l'association Jeuness'Art (secrétaire adjoint du charger de projet).
Champion du Mali 2017-2018 en Maxi vacances.
Champion du Mali 2017-2018 en Maxi vacances.
L&C: Wouh vraiment impressionnant ! Nous sommes avec un géant champion, slameur alors. Le slam c'est quoi ?
Mun-Sa: Le Slam est une poésie urbaine vivante.
On peut aussi dire que le Slam est une déclamation verbale mise à nu face à un auditoire.
Le premier promoteur s'appelle Marc Smith.
Le Slam est né en 1980 aux États-Unis. Mais nous avons une sorte de Slam au Mali par l'oralité des Peulhs.
On peut aussi dire que le Slam est une déclamation verbale mise à nu face à un auditoire.
Le premier promoteur s'appelle Marc Smith.
Le Slam est né en 1980 aux États-Unis. Mais nous avons une sorte de Slam au Mali par l'oralité des Peulhs.
L&C: Quand on regarde le visage du slam et celui de la poésie, on peut tout de suite dire que c'est même père même mère ?
Mun-Sa: Oui, tout d'abord, le Slam est le fils de la poésie mais il y'a une différence entre les deux, une petite. Prenons la poésie c'est un courant littéraire qui respecte beaucoup de règles grammaticales, comme exemple la mesure des vers, le temps, le rythme et bien d'autres excepté le surréalisme.
Le Slam ne demande pas tout ça. Ce qui est à respecter c'est la rime, les figures de style et le slameur doit éviter d'écrire en prose. Et s'il le fait, l'émotion dans la déclamation doit charger considérablement le contenu du texte pour créer de l'interaction entre lui et son auditoire.
Le Slam ne demande pas tout ça. Ce qui est à respecter c'est la rime, les figures de style et le slameur doit éviter d'écrire en prose. Et s'il le fait, l'émotion dans la déclamation doit charger considérablement le contenu du texte pour créer de l'interaction entre lui et son auditoire.
L&C: Au regard de tout cela, pensez-vous qu'en tant que poète je peux me faire aussi appeler slameur ?
Mun-Sa: Non ça serait un peu difficile de faire appeler un poète comme slameur s'il s'en tient à la poésie. On peut trouver une espèce de personne hybride qui combine si bien Slam et poésie que les deux se confondent dans ses créations.
Car le slameur déclame verbalement.
Alors que le poète est trop dans les livres.
Car le slameur déclame verbalement.
Alors que le poète est trop dans les livres.
L&C: Le slameur lui, peut devenir rappeur hein, ou bien ?
Mun-Sa: Oui le Slameur peut être rappeur moi même avant de commencer avec le Slam j'étais rappeur à l'époque.
Et jusqu'à présent j'ai mon petit talent de rap.
Et jusqu'à présent j'ai mon petit talent de rap.
L&C: Super !!!! Combien de Slameurs connaissez-vous au Mali?
Mun-Sa: Beaucoup, je fais partie d'un collectif de Slam "La plume" qui est composé de quatre jeunes Maliens qui sont: Youssouf DIAKITÉ appelé Apocalyptique l'enfant de l'Afrique,
Souleymane TOURÉ dit Smol'Art,
Aboubacar GORO Sucré Secret Sacré et moi même.
Il y a aussi nos aînés comme Saccharose Buccal Agréable .
Amadou Baba Sissoko dit H deux eaux.
Il y a aussi des Slameuses comme le collectif "Slam au féminin" composé de deux jeunes filles le premier groupe féminin du Slam Malien, Mira ou Blanche noir, Kounandy Cissé et bien d'autres slameuses.
Souleymane TOURÉ dit Smol'Art,
Aboubacar GORO Sucré Secret Sacré et moi même.
Il y a aussi nos aînés comme Saccharose Buccal Agréable .
Amadou Baba Sissoko dit H deux eaux.
Il y a aussi des Slameuses comme le collectif "Slam au féminin" composé de deux jeunes filles le premier groupe féminin du Slam Malien, Mira ou Blanche noir, Kounandy Cissé et bien d'autres slameuses.
L&C: Osons dire qu'il y a de la solidarité entre les slameurs Maliens ainsi qu'au niveau des slameuses. Cher artiste Mun-Sa faites-nous savoir celui qui est votre idole ?
Mun-Sa: Je n'ai pas d'idole.
Mun-Sa: Bon tout slameur doit faire des audios que quand il se sent à même de faire carrière dans le Slam.
Sinon un Slameur qui écrit des textes seulement pour faire des prestations à des conférences sur des thématiques données, ne trouvera pas intéressant de faire des enregistrements.
Sinon, on le sait entre nous slameurs que le slam ne paie pas bien.
Sinon, on le sait entre nous slameurs que le slam ne paie pas bien.
L&C: Avez-vous compté vos textes écrits, combien sont-ils déjà ?
Mun-Sa: Je ne me rappelle pas exactement le nombre de textes que j'ai écrits, mais ça doit être environ dans les 150 à 200 textes écrits en Bamanakan, certains en français.
L&C: C'est déjà laborieux ! Le slam en Afrique, n'est-ce pas de la "merde" surtout quand vous dites que le slam ne paie pas bien ?
Mun-Sa: Non, bon, ce n'est pas de la merde. Mais on n'a toujours pas compris la valeur du Slam.
Et l'objet de notre lutte aussi est de faire en sorte que cet art dont les jeunes africains commencent à être amoureux soit valorisé, et un jour que ce travail soit le socle de l'avenir de ses artistes.
Et l'objet de notre lutte aussi est de faire en sorte que cet art dont les jeunes africains commencent à être amoureux soit valorisé, et un jour que ce travail soit le socle de l'avenir de ses artistes.
L&C: Comme le roman, le théâtre, la poésie, la nouvelle...le slam est aussi classé parmi les genres littéraire ?
Mun-Sa: Évidemment, à mon avis le Slam est le littéraire de l'avenir. Les gens ont du mal à lire. Ils n'ont pas le temps. Le Slameur lit pour eux. Et il peut bien résumer un livre en un texte de 3 minutes avec les mots et les émotions adéquats. Il a le privilège de pouvoir être mis en musique, en recueil... Quoi d'autre encore pour être un genre littéraire ?
L&C: Cette question nous intéresse beaucoup, est-ce que la littérature et la culture sont promues au Mali ?
Mun-Sa: Un peu pour la musique. Beaucoup pour le rap. Mais par les acteurs eux-mêmes. Le budget alloué à la culture est faible. Les jeunes Maliens sont plus dans la vie des réseaux sociaux WhatsApp, Facebook, Instagram et Snapchat que d'aller à la quête des livres et chercher à connaître leurs propre culture.
Les acteurs culturels aussi ne jouent pas pleinement leurs rôles pour la promotion des actions culturelles car ils ne sont pas très actifs et n'ont pas une bonne politique pour amener les gens à s'y engager ce qui fait que les gens ne sont pas aussi intéressés.
La littérature et la culture ne sont vraiment pas promues au Mali.
Aussi, on fait face aux vampires de la culture qui ne veulent pas enlever leurs bouches ancrées dans les veines de financement des activités culturelles pour que cet argent finance les actions culturelles innovantes apportées par les jeunes telles que le Slam.
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La littérature et la culture ne sont vraiment pas promues au Mali.
Aussi, on fait face aux vampires de la culture qui ne veulent pas enlever leurs bouches ancrées dans les veines de financement des activités culturelles pour que cet argent finance les actions culturelles innovantes apportées par les jeunes telles que le Slam.
L&C: Cette question devrait, peut être, être posée tôt mais <<vaut mieux tard que jamais>> dit-on. Qu'est-ce qui a amené Mun-Sa à faire du slam ?
Mun-Sa: Ce qui m’a amené à faire du slam. C’est suite à un concours ” Ça te dit de me dire un slam samedi ” 2015-2016 avec l’association jeuness’art. Après avoir suivi une formation avec cette même association. J’ai commencé à faire des scènes, vu l’appréciation des gens et j’ai vu que j’ai un talent qui pourrait m’apporter grand chose demain et depuis j’ai eu une idée de rêve dans cet art et je compte faire une carrière.
L&C: Que faites-vous pour un Mali bien ''Slamé'' ?
Mun-Sa: Bon déjà je commence à donner des petit atelier de Slam à mes frères et sœurs qui veulent exercer demain ce métier. Donc de là, je leur passe des conseils acquis chez mes aînés et voilà entre autre ma contribution pour le Slam Malien.
L&C: À l'égard du peuple Malien ou des slameurs maliens voire de l'Afrique, que pouvez-vous dire ?
Mun-Sa: Ce que je peux dire à mes slamis Africains. Nous devons tout faire pour amener le Slam au sommet pour qu’il ait plus de valeur. Que les uns et les autres puissent vivre de ça un jour, car aujourd’hui vraiment les slameurs souffrent. Et cette souffrance c’est seulement nous qui pouvons l’écraser avec nos plumes.
Je lance vraiment cet appel aux slameurs africains soumettre nos problèmes à nos dirigeants. Que nous sommes des prêcheurs ambulants besoins d’aide pour mieux exercer notre art dont on est amoureux. Voir aussi une meilleure collaboration entre les slameurs pour mieux émerveiller nos publics à travers nos différents talents. Et ceux qui veulent faire du Slam dans le futur soyez audacieux et très courageux merci.
Je lance vraiment cet appel aux slameurs africains soumettre nos problèmes à nos dirigeants. Que nous sommes des prêcheurs ambulants besoins d’aide pour mieux exercer notre art dont on est amoureux. Voir aussi une meilleure collaboration entre les slameurs pour mieux émerveiller nos publics à travers nos différents talents. Et ceux qui veulent faire du Slam dans le futur soyez audacieux et très courageux merci.
L&C: Merci aussi à vous Mun-Sa le slameur Bambaraphonique. C'était un véritable plaisir de vous avoir par ici. Espérant que le meilleur nous accompagne tous, le Blog Littérature et Culture vous félicite pour cette vidéo ''Waricratie'' que vous offrez à nos lecteurs. Même si elle est en Bamanakan, le message passe avec beaucoup d'aisance et nous interpelle tous à opter pour une seule parole ''Je ne troque pas mon avenir contre l'argent '' .
Interviewé par GAMBARI Ousmane



