Chronique sur l'œuvre ''LA VOIX DES AFFAMÉS'' écrite par Théophile VODOUNON


<< C'est par la tête que tout pourrit. C'est donc par la tête qu'il faut commencer les soins>>.
C'est par cette recommandation impérieuse que l'écrivain béninois Théophile VODOUNON étale sur la muraille les réalités politiques et socio-économiques des pays africains pécuniairement embrumés par des gouvernants dont la soif du pouvoir et la gourmandise amblyopes entravent de bien régir, dans son tout premier roman: LA VOIX DES AFFAMÉS. Cette voix décidée et déterminée à dénoncer les pratiques délictueuses qui privent les paisibles populations de leurs hobbies, considérées comme figurines; cette voix se veut libératrice. Celle qui pointe et prône la souveraineté inaliénable à sortir les peuples affamés, opprimés et longtemps piétinés de la servitude, à cesser d'être marottes.
LA VOIX DES AFFAMÉS n'est rien d'autre que la voie qu'empruntent les sans voix pour exprimer leur voix: celle de dénuder un régime scélérat, autocrate et tyrannique.

Par ailleurs, dans cet ouvrage, l'auteur se crée un pays propre à lui, un pays sans figure qu'il virtualise par la modification des substantifs, des pseudonymes et titres pour ne toiser aucune réalité qu'a connue un pays indivis et dans lequel il tourne l'intrigue autour de l'élection d'un chef d'État dont la gouvernance se veut raide et discriminatoire. Mieux, l'auteur y peint à grande échelle son attachement indélébile aux religions endogènes, la tradition, le Fâ en particulier: source de lumière maître de clarté, boussole africaine. Il fait jouir le lecteur lorsqu'il étale son modus operandi, voix des ancêtres. Le Fâ représente pour l'auteur l'essence divine qu'il importe de considérer avant tout acte. L'auteur continue sa délectation par l'interférence linguistique dont il fait usage. En fait, l'on y voit le sang d'un africain, d'un béninois qui plus est, couler. Le Goun interfère à chaque fois pour poindre les sentiments liant l'auteur à son origine, à sa culture.
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" Dans le pays Tchédjinnambi où règne Chefya chef suprême des armées, président de la république comme il aime bien se le vanter, se trouvent deux clans: la première, LA FAMILLE, est le clan des grandes personnalités du pays: ministres, hommes d'affaires richissimes etc. On les reconnaît par leur profil: caisse baraquée, plaisamment ventrus; par leurs résidences luxueuses construites et entretenues sur fond propre du pays, des peuples... Il sont les plus forts car ce sont eux qui détiennent en réalité le pouvoir. La seconde est le clan des démunis, des opprimés, des sans voix. Eux, ils vivent dans la VILLE DES DEMUNIS. Vivant dans leurs cambuses ou pratiquement sans aubettes, satisfaire les besoins les plus élémentaires constitue pour eux, une activité ascétique. Alors Ils sont déconsidérés.
Un jour, alors que la faim dictait sa loi habituelle dans le quartier des pauvres: la ville des démunis, et que la fringale a atteint son apogée, Dénankpo sortit de sa case à la recherche de quoi mettre sous la dent. Il n'a trouvé cependant mieux que d'aller voler un poulet dans le quartier des riches: la famille. Il fut pourchassé et sauvagement paumé, martyrisé par les policiers de LA FAMILLE. Malgré les soins rudimentaires et médiocres qu'apportait avec amour et assistance son alentour, il céda l'âme; il rejoignit ainsi donc son père Toudonou qui fut aussi zigouillé d'une manière similaire. << VENGEZ VOS VIES VIA VOS VOIX>>(page 68),  c'était la seule phrase qui motivait les habitants de la ville des démunis à venger leur frère qui trépassa dans l'aversion...
En outre, la gentillesse de Chefya ne s'observe qu'à travers les siens. Passé presque deux mandats à nommer ceux de sa famille paternelle, c'est le tour d'orienter sa magnanimité discriminatoire vers ceux de sa famille maternelle. Il choisit à cet effet, Sèdjro, un coiffeur pour assurer les fonctions du Ministre du transport. Sèdjro, obsédé à séduire Chefya par son discours, il confia la rédaction à Alabossi, professeur de français qui, malheureusement ou heureusement fait partie de la cabale, de l'entreprise formée secrètement pour déstabiliser le grand Chefya. Alabossi prit le plaisir de poindre dans son discours les pratiques rétrogrades, les années de gésine, de tourment et de la gouvernance scélérate de Chefya. Il s'y met avec plaisance,  à toiser Chefya par son accroche, son adhérence poignante ..."

👉Sèdjro va-t-il prononcer ce discours le jour de sa prise de fonctions notoirement, au vu et au su de tout le monde ?
👉Quelle sera la réaction de Chefya ?
👉Quel sort les opprimés révoltés, 👈réservent-ils à Chefya dont la gouvernance n'a été jusque là que dictature et discrimination?
👉Comment les habitants de la ville des démunis vengeront-ils la mémoire de Dénankpo?

Tant de questions auxquelles il importe de lire l'ouvrage pour en savoir davantage.
J'ai été sidéré par le style attrayant de l'auteur. Le suspens et surtout l'humour vous emportent carrément dans un autre univers. J'ai passé des heures à lire cet ouvrage juste parce que j'avais des heures réservées uniquement pour le rire.😂😂 Sèdjro m'a fait rire, son beau-père et que dirai-je encore? Allez lire😂😂😂😂
LA VOIX DES AFFAMÉS, roman
Auteur: Théophile VODOUNON (+22996746339)
Contactez-le pour avoir l'œuvre.
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Constant BOGNON (+22996057094)

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