À la découverte du recueil de nouvelles Djèhami de l’auteur Richard ADODJEVO
Le bestseller du premier trimestre 2021 au Bénin
À la faveur d’une réclusion forcée due à la Covid-19, l’auteur Richard ADODJEVO donne un sens à sa vie en réalisant et en relevant un véritable défi. Oui, il va produire l’un des recueils de nouvelles les plus vendus au Bénin : plus de sept-cents (700) ventes en moins de deux mois. Creuset d’histoires embarrassantes mais toujours émouvantes, ce recueil de 4 nouvelles retrace certaines situations que vivent les femmes de nos jours sous le prisme d’un appel à changer les mentalités. L’aperçu présenté à la 4ème de couverture du livre suffirait à lui seul pour présenter cet ouvrage dont je salue la richesse littéraire et la simplicité linguistique faite parfois de néologismes osés et assumés. Mais en vous renvoyant à la lecture de cette partie, je me priverais et vous empêcherais de déguster un chef-d’œuvre qui, sans doute aucun, va être l’un des plus lus de cette année 2021. C’est pourquoi je m’empresse d’apporter ma modeste contribution en présentant ce recueil sous un autre prisme de lecture. En abordant le rôle de la femme à travers divers clichés, Richard ADODJEVO nous plonge et nous force à découvrir successivement des récits fascinants mais surtout touchants et assortis d’une morale de vie ou d’un enseignement. Les coïncidences observées dans les récits sont si frappantes qu’on a du mal à croire l’auteur quand il estime et affirme que les histoires narrées ne sont que le fruit de son imagination. Et pour preuve, je me permets de faire avec vous un décryptage linéaire des différentes nouvelles présentées dans ce recueil. Mais avant, il sied de présenter de façon succincte l’auteur de cet ouvrage.
Né le dimanche 29 mars 1987 à Parakou, Richard Stébane ADODJEVO est originaire de la commune de Bohicon. En couple avec des enfants, il vit à Parakou où il enseigne le Français dans les collèges et lycées. Journaliste Chroniqueur, il est également diplômé en Droit Public et en Administration des Ressources Humaines. Il a soutenu avec brio son mémoire de Master en Stratégie et Ingénierie Juridique des Entreprises avec un thème sur le Statut des pensionnaires de la CNSS. Il a, en outre, une maîtrise en Administration Générale et a fait des études en Géographie à la FASEG. Depuis 2008, il occupe le poste du Président du Club RFI / Parakou. Il deviendra plus tard le représentant des Editions LAHA pour le compte des quatre départements du Nord-Bénin. Il a déjà publié plusieurs chroniques. Le recueil de nouvelles Djèhami est sa première publication dans les rayons de la fiction littéraire. Signalons que Richard ADODJEVO est coauteur de l’anthologie Rafale de Plumes contre la Covid-19. Découvrons maintenant le contenu de chacune des nouvelles du recueil Djèhami en commençant par la première.
En prélude à la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, Adoris est sélectionné pour participer à un séminaire de formation, loin de sa tendre Houéfa, l’adorée qui avait souhaité ne jamais être séparée de son mari, ne serait-ce que pour une journée. Avec cette absence, elle devra trouver le moyen de combler le vide que créait en elle le voyage de son mari. Elle décida alors de sortir. Au détour d'une soirée passée au ciné-club le Borgou pour suivre la projection du film Abèni, elle retrouve un vieux camarade de bancs Gbèdossou Akobanon. Ce nom aurait suffi, chez nous à Abomey, pour éviter ce genre de personne. Mais Houéfa de nature souvent bienveillante, comme le lui exigeait son métier de professeur, céda à l’appel de ce dernier à fêter leurs retrouvailles chez lui. Elle se laissa donc emmener ignorant tout du dessein lugubre que nourrissait son ami, qui, certainement, a oublié que le monde a des règles comme le suggère son nom. Il s’éprit de Houéfa et tenta de faire la bête à deux dos avec elle. Celle-ci s'y oppose et dans cet affrontement, Akobanon tombe, la tête cognée au passage contre la poignée de la porte. Il est laissé pour mort par Houéfa qui s’en fuit. Gbèdossou meurt-il ? Comment Houéfa pourrait-elle survivre après cet incident ? L’excès d’attention d’Adoris suffira-t-il pour sauver son couple ? Pour le découvrir, il faut vous procurer l’ouvrage qui n’est qu’à 2.000 Fcfa.
La deuxième nouvelle qui donnera son titre au recueil commence par le nom d’un village qui ne laisse personne indifférente : Mahouwé (la maison de Dieu). C’est justement cet endroit, un séminaire que choisit l’auteur pour dénoncer le problème de la chasteté des prêtres et ses corollaires. On eut préféré que ce ne soit pas un séminaire qui fût choisi parce que pour un sachant, il n’y a pas de famille affectée au service d’un séminaire pour les prêtres qui y vivent. Dans ce récit, l’auteur présente un père de famille très pieux : qui a consacré toute sa vie au fonctionnement d’un séminaire et au service de Dieu. Il en a fait tellement et si bien qu’après sa mort, survenue à l’issue d’un accident de circulation, sa femme et sa fille unique ont jugé bien de continuer le service, mais cette fois-ci avec en bonus le service humain. Suivez mon regard ! Le côté tragique de ce récit prend corps avec l’arrivée d’un jeune prêtre Mahussin qui tomba sous le charme de la belle Djèhami précédemment en relation avec le Jeune Innocent qu'elle quitta prétextant qu’il était le responsable de la mort de son père. Le recteur du séminaire N’djèmin s’amourachait avec Kussi la veuve du sacristain pendant que son stagiaire s’offrait les services sexuels de la sulfureuse Djèhami. Ces derniers eurent moins de chance puisque Djèhami va tomber enceinte du prêtre. Pour découvrir le sort que l’auteur réserve au jeune couple, je vous invite à acheter le livre.
Dans la troisième nouvelle, l’auteur repart de l’idée d’un voyage pour nous faire découvrir un personnage unique : une femme, Agbazamimin, dont il montre l’envers et le revers avant de lui infliger un alarmant remords qui la poussa à la vie peu agréable qu’elle menait. En effet, après ses études au collège de Minigoun, le narrateur va poursuivre ses rêves d’étudiant en Techno-science à l’Institut International de l’Eau et de l’Environnement à Ouagadougou au Burkina Faso. En dépit d’un voyage très tumultueux où il assiste à d’affreuses scènes de viol et de violence orchestrées par des coupeurs de route, il décide, au bout de quelques jours, d’aller s’offrir une soirée festive dans un bar. Contre toute attente, il tombe sur Agbazamimin, une fille excessivement belle, élégante et intelligente avec qui, il avait fréquenté. Elle travaillait désormais dans ce bar, elle, la copine de son meilleur ami Tambwannon qui a failli devenir fou en la perdant. Suite au décès de son père et pour échapper à la barbarie de la tradition qui voulait la donner en mariage à un usurier ; elle avait pris la clé des champs. Ces retrouvailles se confondent en d’émouvantes et angoissantes confidences faites par Agbazamimin qui a dû faire des activités peu catholiques pour gagner sa vie. Après Houéfa qui a failli mettre en danger son foyer ; Mahoussin qui transgressa littéralement son vœu de chasteté ; c’est le tour de Agbazamimin qui offrit son corps contre de modiques pièces d’argent. Que découvrirons-nous maintenant dans la prochaine et dernière nouvelle du recueil de Richard ADODJEVO ? Comme dans les trois précédentes histoires, nous nous retrouvons encore à parler de voyage et d’amour. Cet ultime récit qui a l’air d’une biographie familiale tout comme la première nouvelle : À mortié nue, raconte l’histoire d’un jeune médecin qui, ayant résidé plus tôt au Canada pour des études ; décide de rentrer au pays avec sa petite famille. Après d’incessantes allusions faites au paysage et à quelques sites touristiques du bénin où l’auteur, en bon géographe fit des descriptions tout au long du récit, nous emmena dans le marché de Parakou où le contact est crée à nouveau entre Ado et Bola, deux anciens alliés. Il vous faut vraiment lire ce recueil pour apprécier les différents passages qui évoquent le souvenir qu’ils ont gardé l’un de l’autre.
Vous y découvrirez des scènes totalement épiques ; une romance à vous couper le souffle ; des passages inoubliables ; des phrases telles que nous aimons en lire dans des ouvrages d’amour. Si après lecture, on est triste pour le sort inique réservé à Bola on peut se frotter les mains du fait qu’elle ait pris en main son destin. Demeurés en cohabitation en séjour dans la même ville des deux vont-ils faire renaître l’amour qui était entre eux ? Ado prendra-t-il en charge l’enfant que lui a donné Bola et dont il ignorait jusque-là l’existence ? Réponses dans le recueil de nouvelle Djèhami, le chef-d’œuvre de l’auteur Richard ADODJEVO que je vous invite à déguster sans modération.
Francel LOKO



