[INTERVIEW] Marius Nguimeya au micro de L&C ''J’ai voulu construire des mots pour détruire des maux.''

Le continent africain regorge plusieurs jeunes pétris de talent. Et on y retrouve bien un bon nombre de ces jeunes qui se sacrifient au quotidien afin de voir une  Afrique bien-portante que mal. Au plaisir de vous révéler par cette interview un digne fils de ce continent noir qui nous vient du Cameroun. Il est un vrai combattant à travers sa plume et vous le découvrirez aujourd'hui. Accueillons M. Marius Nguimeya !
Marius Nguimeya

L&C: Bonjour, M. Marius Nguimeya, heureux sommes-nous que vous soyez des nôtres aujourd'hui.

Marius Nguimeya: Bonjour à vous et bonjour aux lecteurs qui nous donnent le plaisir de nous lire à travers le blog Littérature et Culture. Ce plaisir est partagé.

L&C: En début de cet entretien, nous vous présentons en tant qu'écrivain Camerounais et auteur de plusieurs livres dont la récente publication est Le testament du roi. Nous vous passons le micro si vous avez quelque chose à en ajouter à votre présentation.

 Marius Nguimeya: Oui tout à fait, je suis auteur dramaturge, fabuliste et nouvelliste. Éditeur, fondateur des Éditions Masques et Cauris, et socio-anthropologue de formation.

L&C: Très impressionnant ! Bien avant de descendre sur votre œuvre récemment publiée, rappelez-nous les titres de vos ouvrages.

Marius Nguimeya: J’ai publié la Fable des Pyrénées en 2017 aux Éditions stéllamaris. C’est un recueil de fables qui anime des animaux en ressortant les déviances de la jeunesse tout en donnant une leçon à la fin. 

L&C: Le testament du roi bien en position dernière. Avouons que c'est un titre très captivant qui pousse chaque lecteur à en savoir ce qui se cache entre les pages de cette œuvre théâtrale. Un mot sur le choix 
du titre.

Marius Nguimeya: Le choix de ce titre reflète la pertinence de son contenu. Je suis bien conscient du caractère relatif de certaines contrées africaines où le roi ne fait pas de testament. Mais mon but à travers cet ouvrage n’est pas de faire une ethnologie sur les processus d’héritage du trône d’un roi. Mais plutôt d’en ressortir les vicissitudes plus ou moins universelles.

L&C: Le contenu serait alors assez alléchant, qu'est-ce qui vous a inspiré à entreprendre l'écriture de cette œuvre ?

Marius Nguimeya: J’aimerais déjà dire que le contenu de cet ouvrage présente une société traditionnelle où la maturité se prouve par les proverbes et le respect des règles du cosmos. Du premier acte au dernier, on assiste au décès d’un roi dont le testament a prétendument été volé. Ce malentendu de vol vient de l’oubli des traditions, et cela conduira donc à une suite comique et tragique. 
Vous-même pouvez confirmer que dans certaines sociétés africaines, les traditions sont au cœur des actes et donndon un sens à la vie économique. 
Si l’on s’attarde donc sur le pouvoir de ces valeurs traditionnelles, comment peut-on 
parler de vol de testament ? Cette question peut ne pas avoir de fondement si nous nous
limitons à cette déification du trône et des coutumes dans certaines zones africaines. 
C’est donc là que cet ouvrage devient très intéressant et pertinent. J’invite donc nos lecteurs à le lire. 
Pour répondre donc à votre question, je dirai que l’écriture de cette œuvre est motivée 
par mon fort désir de vouloir refléter les valeurs de responsabilité, d’entraide, de cohésion et d’unité présentes dans le mode de vie traditionnel des Africains. Et aussi de décrire l’homme comme un être capable d’agir en mal pour obtenir un quelconque pouvoir. Je l’illustre très bien dans l’ouvrage. 

L&C: L'Afrique et le Cameroun n'en manquent pas de maux à guérir en leur sein, mais faîtes nous savoir ce que votre plume a voulu dénoncer, soigner ou même encourager.

Marius Nguimeya: J’ai voulu construire des mots pour détruire des maux. Et ceci est mon objectif dans chacun de mes écrits. Je veux donc à travers mon ouvrage, dénoncer les attitudes abusives, avares et jalouses de certaines autorités traditionnelles des villages africains. Et faire comprendre à mes frères africains qu’il faut toujours examiner la valeur logique et avoir un esprit de vigilance face à certains faits de cette inéluctable tradition qui à la base est pour l’africain un élément essentiel et majeur pour sa vie.

L&C: Quel auteur vous inspire ?

Marius Nguimeya: Si vous me permettez d’orienter cette question, je dirai que j’ai beaucoup été inspiré par l’écrivain Camerounais Jean Louis Dongmo sa poésie m’a tellement ému pendant mes années 
d’écoles primaires. Patrice Kayo est également pour moi un monument de la littérature africaine. J’ajouterai que je n’ai pas commencé à écrire en lisant les livres, car je suis né dans la belle oralité des contes, chants, danses et proverbes de l’ouest Cameroun. 

L&C: Nous aurions dû vous affirmer que vous êtes notre premier invité venant du pays d'Evelyne Mpoudi Ngollé; et vu que plusieurs célèbres auteurs viennent de ce coin d'Afrique; est-ce que vous pouvez nous rassurer de la bonne floraison de la littérature camerounaise?

Marius Nguimeya: Je peux dire que la littérature camerounaise évolue dans un espace culturel adéquat à celle-ci. La littérature est avant tout un fort aspect culturel et la culture en elle-même est selon moi un facteur dont la bonne promotion dépend de l’État. La jeunesse camerounaise a donc besoin de vraies opportunités pour apprendre, aimer et exercer ce savoir. 
Nous, écrivains camerounais apprécions et encourageons ces rares acteurs qui prônent
l’expansion de la littérature camerounaise et Africaine

L&C: Lorsque vous affirmer que ''La bonne promotion dépend de l'État'' est-ce à qu'il ne fournit aucun effort pour le développement du secteur livresque ?

Marius Nguimeya: Bien sûr que La culture est selon moi une affaire d'État. Elle est le fondement d'une communauté politique et économique et même sur quoi doivent aussi se pencher les lois pour se fonder. Certains acteurs politiques au Cameroun mettent ceci en pratique. Mais ils sont très peu et cette minorité fait en sorte que la lecture ne trouve pas facilement sa place  dans le quotidien des Camerounais. il n'y a donc pas un fort marché du livre au Cameroun, et ceux qui aiment lire le font avec beaucoup d'effort.  

L&C: Quel est votre regard sur les jeunes écrivains africains?

Marius Nguimeya: Je donne à mes confrères un regard de motivation et vertueux. Je conseillerai à certains de caresser quelques fois cette forte envie qui vient de vouloir écrire et se faire publier. Écrivons donc pour construire.

L&C: Pour boucler cette interview, quel sera votre mot à l'endroit de la jeunesse ?

Marius Nguimeya: Cherchons à bâtir et à poser des pierres qui contribueront à l'édification et à l'expansion de notre modèle culturel afin que l'on arrive à s'identifier en tant que peuple avec ses propres normes et valeurs. que l'on ne sombre plus dans le néant de ce siècle qui nous confond, nous Africains avec d'autres peuples. Ceci passe donc aussi par l'apprentissage et la lecture. Lisons pour nous construire et pour forger notre identité.

L&C: Merci pour ce message et merci également de nous avoir permis de vous faire asseoir sur notre plateau. Bonne suite de combat. À bientôt !


Interviewé par GAMBARI Ousmane

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